Entretien mensuel avec Patrick Müller & Klaus W. Wellershoff

L’analyse actuelle des marchés par Klaus W. Wellershoff, dans un entretien avec Patrick Müller.

Le mois de juillet n’a apporté que peu de mouvement. Les marchés financiers semblent s’accorder une pause estivale. En juillet, les valorisations ont majoritairement évolué latéralement, ce qui n’est guère surprenant après les fortes hausses de cours, surtout des actions, depuis le début de l’année. Le contexte économique général se présente également de manière correcte, et les indicateurs de sentiment ainsi que les résultats des entreprises ont récemment affiché une légère amélioration d’ensemble. 


 

 

Croissance économique : les indicateurs laissent attendre une dynamique améliorée 

Les chiffres les plus récents concernant la conjoncture mondiale ont plutôt déçu. Ainsi, au deuxième trimestre 2026, les États-Unis n’ont enregistré qu’une faible croissance de l’économie globale, de seulement 0,4 %. Il est frappant de constater que, ces derniers trimestres, non seulement la vitesse, mais aussi l’ampleur de la croissance ont diminué. La zone euro a, pour sa part, progressé dans la même mesure au deuxième trimestre. Les grandes économies comme la France et l’Allemagne continuent de freiner l’ensemble. 

Les indicateurs conjoncturels avancés suggèrent au moins que la situation se stabilise. Dans certains pays, surtout dans la zone euro, les indicateurs de confiance des entreprises se sont récemment sensiblement améliorés. 

Inflation : l’inflation sous-jacente reste heureusement basse 

Le conflit persistant au Moyen-Orient entraîne actuellement de fortes fluctuations sur les marchés de l’énergie, ce qui se traduit par d’importantes variations du taux d’inflation global. Ainsi, l’inflation dans la zone euro était encore légèrement en recul en juin, avant de repartir à la hausse en juillet en raison du regain de tensions. 

Le point positif est toutefois que les prix de l’énergie, nettement plus élevés en moyenne, ne se sont jusqu’à présent que faiblement répercutés sur l’ensemble des biens et services. L’inflation sous-jacente reste ainsi inchangée, voire recule, dans de nombreux pays. Les États-Unis en sont un exemple : l’inflation sous-jacente y est passée de 2,9 % en mai à 2,6 % en juin. En Suisse aussi, elle reste stable à 0,3 %. 

Politique monétaire : les banques centrales restent dans l’expectative

La politique monétaire des grandes banques centrales reste marquée par le conflit iranien, qui pèse à la fois sur les risques d’inflation et sur les perspectives conjoncturelles. Dans ce contexte, les principales banques centrales maintiennent une attitude attentiste.

La Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne ont toutes laissé leurs taux directeurs inchangés lors de leurs dernières réunions. Bien que cela ait été attendu, la décision de la Fed a particulièrement suscité de nombreux commentaires, notamment parce que la communication sous le nouveau président Kevin Warsh est devenue nettement plus prudente et ne fournit que peu d’indications sur la future politique monétaire. Malgré le maintien du taux directeur, cela a finalement entraîné une nette hausse des taux du marché des capitaux aux États-Unis. De manière générale, il semble que le dernier mot concernant de nouvelles hausses des taux directeurs n’ait pas encore été dit.